mercredi 9 septembre 2026

Nice : quand la mairie invite (à nouveau) à l’église

 


Nice : quand la mairie invite (à nouveau) à l’église

 

Après le 15 août et le 9 septembre, la Ville de Nice invite à nouveau officiellement à une fête religieuse : 3 invitations en 3 semaines, c’est normal pour un curé, trop pour un maire.

Dans une invitation officielle adressée au nom du maire et de l’ensemble du conseil municipal, la Ville invite les Niçoises et les Niçois, dimanche 13 septembre, au 172 anniversaire de la Fête du Malonat, à l’église du Gesù.

Il ne s’agit donc pas seulement de faire vivre le patrimoine culturel niçois : la municipalité invite officiellement la population à participer à une célébration organisée dans un lieu de culte.

Pour le rassemblement citoyen Viva!, une question se pose : où s’arrête la tradition et où commence la confusion entre la mairie et le religieux ?

La laïcité ne combat aucune religion. Elle garantit la liberté de conscience et le libre exercice du culte tout en imposant à la puissance publique de rester neutre.

Après le 15 août pour l’Assomption et le 9 septembre pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe aérienne Ajaccio-Nice, voici donc le Malonat. Demain, faudra-t-il installer une crèche dans le hall de l’Hôtel de Ville ?

La mairie n’est pas une paroisse.

Cette nouvelle séquence interroge d’autant plus que les liens affichés par Éric Ciotti avec l’enseignement catholique sont étroits. Le 6 mai dernier, il participait ainsi à la journée de l’enseignement catholique des Alpes-Maritimes, organisée par le diocèse au Palais Nikaïa, avec notamment une messe et une intervention du maire.

Dans le même temps, Éric Ciotti entend généraliser dans les écoles la levée des couleurs (hisser le drapeau tricolore) en faisant chanter la Marseillaise par les enfants, dans un simulacre quasi militaire.

Derrière l’obsession des drapeaux et des processions religieuses se cache une véritable liturgie du pouvoir, un culte de l’autorité et une théâtralisation faite de cérémonies, de rites et de symboles.

La République, oui. La confusion des genres, non.

Car à force de parler d’identité, de famille, de traditions, de religion (catholique bien entendu) et de symboles, une vieille formule finit par revenir en tête : « Travail, Famille, Patrie ». Rappelons-le à M. Ciotti : ce n’est pas la devise de la République. La République française, c’est : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

La laïcité est un principe qui rend effectives les valeurs républicaines. Elle rend possible la liberté de conscience (croire ou ne pas croire) et de culte. Elle rend possible l’égalité républicaine entre les citoyennes et les citoyens sans aucune distinction de croyances, d’incroyance ou de religion. Elle rend possible la fraternité entre des citoyennes et des citoyens libérés des interdits et du carcan social qui peut accompagner une croyance lorsqu’elle est érigée en religion d’Etat.

Le Rassemblement citoyen Viva! demande à nouveau à Éric Ciotti de respecter pleinement le principe de laïcité et la neutralité de la puissance publique en matière religieuse.

 

Nice, le 8 septembre 2026

Le rassemblement citoyen Viva !

  


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